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Tous les textes et images font l'objet d'un copyright et/ou d'un dépôt ISBN © - D. PETIT-LAURENT
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LE MOT GASTRONOMIE D'OU VIENT-IL ?

Monsieur BERCHOUX

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Ce nom ne vous dit rien ! En fait, à part quelques connaisseurs, des gastronomes, des collectionneurs de livres anciens en gastronomie, peu de personnes connaissent ce nom. Pourtant il fut l'inventeur de ce mot qui enchante nos oreilles et qui évoque pour beaucoup d'entre-nous le plaisir de manger des aliments saints et de goûts épanouissant nos palais.

Également, le simple fait de se retrouver à table entres amis, parents, et tête à tête.... fait que le moment résumé par ce mot si connu : "GASTRONOMIE", fait de nous des êtres impatients des ces moments tant attendus !

Souvenirs des goûts, et des saveurs, resteront.

Vous trouverez ci-dessous, deux textes, l'un que cet "inventeur" écrivit dans le "MERCURE DE FRANCE" (publication royaliste) en 1800, sur son "Isabeau" de cuisinière, l'autre étant tiré de l'ouvrage qu'il écrivit au début du XIXe, toujours en pleine période révolutionnaire et qui portait le titre de "La Gastronomie". Des reproductions des pages de titre, le tout écrit sous la forme de poésie comme il se plaisait à l'époque, agrémente ce texte.


D'après le texte paru dans le Mercure de France

Collection D. P-L

Ma profession de foi en cuisine

(épître à ma cousine)

Enfin, mon aimable cousine,

J'ai rencontré cette Isabeau,

Cette virtuose en cuisine,

Son talent sans doute est fort beau,

Pour dédommager de sa mine,

Que je n'ai pas vue aussi fine,

Que dans votre indulgent tableau,

On m'assure que l'Isabelle,

Entend fort bien le fricandeau,

Et le civet, & la rouelle,

Qu'elle sait faire à l'aloyau,

Une sauce toute nouvelle,

On dit surtout que son talent,

Éclate bien principalement

Dans les poulets en fricassées...

Ce point arrête ma pensée.

Hélas ! facile à prévenir,

Sans en demander davantage,

A mon sort je viens de l'unir,

Pour vingt & quatre écus de gage.

Ainsi je vais couler mon temps,

A l'abri de ma cuisinière.

fin de l'extrait


Collection D. P-L

La gastronomie

Homère nous transmet des détails domestiques,

Mêlés avec génie à des faits héroïques:

Ces robustes héros, ces guerriers valeureux

Dont nous savons par coeur les gestes merveilleux,

Qui gouvernaient la Grèce au gré de leurs caprices,

N'auraient point estimé nos coulis d'écrevisses.

Qui ne sait aujourd'hui qu'ils descendaient souvent

Au soin de préparer un grossier aliment ?

La table de Patrocle et du fils de Pélée

De plats multipliés n'était pas accablée:

Dans un jour d'appareil une biche, un mouton

Suffisaient bien au dîner des vainqueurs d'Ilion.

Ulysse fut, dit-on, régalé chez Eumée

De deux cochons rôtis qui sentaient la fumée.

Pour donner un repas plus honnête et plus beau,

Le fils de Telamon fit bouillir un taureau...

Le laitage, le miel et les fruits de la terre

Furent longtemps des Grecs l'aliment ordinaire.

Frontispice de la deuxième édition de 1903 - an VI

Collection D. P-L

 

Les vendanges selon Buchoz

Collection D. P-L

 


Pièce montée de Carême

Collection D. P-L

 


La cuisine selon Hagger

Collection D. P-L


Vendeuse de pommes

Collection D. P-L

 

 

En Asie, on connut des repas moins grossiers;

Et les Orientaux, plus savants cuisiniers,

Mélangèrent leurs mets d'une façon nouvelle,

Des premiers fricandeaux donnèrent le modèle,

Employèrent le lard, exprimèrent des jus,

Inventèrent des mets jusqu'alors inconnus.

Les Perses cependant firent passer en Grèce

Leur luxe, leur cuisine et leur douce mollesse.

Mais à Lacédémone un homme vint à bout

D'arrêter les élans et les progrès du goût.

Un vieux législateur, du sang des Héraclides,

Osa donner un frein aux estomacs avides,

Régla les appétits, les soumit à la loi,

Et l'on ne put sans crime être à table chez soi.

Il fallut en public apporter son potage,

Sa farine, son vin, ses figues, son fromage,

Son brouet... Ce brouet, alors très renommé,

Des citoyens de Sparte était fort estimé;

Ils se faisaient honneur de cette sauce étrange,

De vinaigre et de sel détestable mélange.

 

On dit à ce sujet qu'un monarque gourmand

De ce breuvage noir qu'on lui dit excellent

Voulut goûter un jour. Il lui fut bien facile

D'obtenir en ce genre un cuisinier habile.

Sa table en fut servie. Ô surprise ! Ô regret !

A peine le breuvage eut touché son palais

Qu'il rejeta bientôt la liqueur étrangère.

- On m'a trahi ! dit-il, transporté de colère.

- Seigneur, lui répondit le cuisinier tremblant,

Il manque bien à ce ragoût un assaisonnement.

- Eh ! D'ou vient ! Avez-vous négligé de l'y mettre ?

- Il y manque, Seigneur, si vous voulez permettre,

Les préparations que vous n'emploierez pas,

L'exercice et surtout les bains de l'Eurotas."

 

Fin de l'extrait...

© D. PETIT-LAURENT

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