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Livres
anciens et d'occasion |
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Tout au long des siècles, ce produit tant estimé sur nos tables et en nos assiettes, à fait les délices de palais célèbres ou anonymes. Mais voyons comment les hommes du passé nous ont laissé des traces écrites et graphiques de ce fabuleux met. Avant d'aller plus loin, notons que l'engraissage des oies et canards corresponds à une observation: Cest en sengraissant eux-même, avant leur migration que ces oiseaux trouvent la force d'accomplir leurs longs périples migratoires. Passons maintenant à l'Histoire. Au plus loin de la mémoire, nous trouvons des éléments de réponse dans lEgypte ancienne, soit environ 2500 ans avant J.-C. |
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Cest bien dans une tombe de la cinquième dynastie que lon trouve une ornementation représentant un troupeau doie, mais aussi des serviteurs préparant des boulettes dont les oies viennent se délecter avant daller boire..... Voila une représentation de l'engraissage. Nous navons pas par leurs textes, lappréciation quils avaient sur le foie gras, mais des représentations de tables, montre des oies au repas, signifiant qu'ils en mangeaient. Chez les égyptiens, loie est sacrée, elle est lâme du Pharaon. Elle est lintermédiaire entre notre monde et le monde de la vie éternelle. Nous supposons également que les juifs dans leur errance après leur sortie dEgypte, emmenèrent avec eux cette technique qui réapparut partout ou ils sinstallèrent. |
Très bonne tradution du texte d'Athénée sur les moeurs des grecs anciens. 1789 - Paris |
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Opera di Scappi evoco secreto di papa Pio V (1570)
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Chez les grecs anciens, nous trouvons également des textes se rapportant au foie gras. Les textes illustres de Pline lancien et Athénée sont de ceux-là. Athenée dans son Banquet des savants (Tome III, p. 430-431-432 et Tome V, p. 329) Traduction Lefebvre de Villebrune, à limprimerie de Monsieur (il sagit ici du roi), 1798 : « Comme on servoit à la ronde ces oies et plusieurs autres appêtées avec beaucoup de recherche, quelquun dit : Oh ce sont des oies siteutoi, engraissées. Aussitot Ulpien demande en quel auteur on avoit jamais lu une oie sitetos, engraissée Plutarque réponds : Théopompe de Chio, rapporte dans ses Histoires grecques et dans la treizième des ses Philipiques, quAgésilaüs de Lacédemone étant allé en Egypte, les habitans lui envoyèrent des oies et des veaux siteutes. Epigène le comique dit dans ses Bacchantes : -« Oh ! si quelquun me prenoit pour me nourrir comme une oie quon engraisse, siteute. » Mais, pour toi Ulpien, qui nous interroges à tout ce qui paroît, tu ne peux refuser de nous dire en quel passage des anciens il est fait mention de ses somptueux foie doie.... » Et Dans Homere, on lit : « Jai à la maison vingt oies qui y mangent du froment écrasé dans leau ». |
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A lépoque de Rome, le foie gras est un met des plus prisé dont en voici la définition selon le Dictionnaire universel de cuisine de j. Favre (fin XIXe siècle): Foie ( Jecur ficatum). Dans Horace on lit : « Pinguibus et ficis pastum jecur anseris albi » : foie doie engraissée avec des figues. Horace dit également que le citoyen Mazidienus offrit à Mécène un foie engraissé avec des figues. Nos cuisiniers contemporains ont essayé de gaver des oies et canards avec des figues, mais le gout nest pas adapté au nôtre. Dans son traité de cuisine romaine, De re culinaria, Coelius Apicius, (1498 et suivantes) nous donne la recette suivante : « Emincer le foies gras avec un roseau, faites le tremper avec du garum. Pilez du poivre, de la livèche et deux baies de laurier. Entourez dune crépine, faites griller au au gril et servez ». Le Garum selon Apicius devait remplacer le sel. Le garum est une sorte de sauce, faite a partir dintestins de maquereaux macérés dans du sel puis séchés au soleil. Il devrai ressembler au nioc-mam chinois. Le
Larousse gastronomique dit : Il est
généralement admis que ce condiment
n'est autre chose que la saumure que l'on obtenait
en salant des poissons marins, des scombres ou
maquereaux surtout, et en les pressant pour en
extraire le jus. Le plus réputé qui
était obtenu avec le scombre, s'appelait le
garum nigrum. On le mettait dans des petits pots
comme l'on fait actuellement pour la moutarde, et
chaque convive l'accomodait à sa
façon, l'un avec du vinaigre (oenogarum), un
autre avec de l'eau (hydrogarum), un autre avec de
l'huile (oléogarum). Le garum
Pipératum était comme son nom
l'indique, fortement poivré.
C'est du livre d'Apicius que sont sortis tous les livres de cuisine connus. |
les Dons de Comus, de Christian Marin (1739)
La Varenne Nouveau Cuisinier François ou Ecole des Ragoûts (1727) |
La basse cour - Estienne
Menon La Nouvelle cuisinière bourgeoise 1746
Beauvilliers Art du cuisinier (1824)
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Les siècles suivants nont pas « oubliés » cette tradition contrairement à ce que lon a pu croire pendant longtemps. Nous en trouvons des traces tout au long des siècles. Il semblerai quen Aquitaine, au IVe siècle, lélevage de loie et du canard, M.L Cazamayou, dans son livre « Célébration du foie gras », nous y révèle lexistence dune fête aux temps des migrations de nos chers volatiles appelée « guit de Saint-Grat » (guit, dans le Béarn, désignant le canard). Elle nous dit également quAlaric II, faisait du foie gras son ordinaire. De son livre nous apprenons lexistence de scultures du XIIe siècle représentant des troupeaux doies et de saignées de canard. Cest vers le milieu du XVe siècle quapparaît le maïs en France. Et, nul doute que par la suite, les oies et canards furent gavés avec ce grain depuis cette époque. Au XVIe siècle, Bartolomeo Scappi, cuisinier du pape Pie V pendant une trentaine dannée, signale dans son Opera di Scappi evoco secreto di papa Pio V (1570), lexistence dans la cuisine juive de foie gras rôti. Il est surpris de voir des foies de 3 à 4 livres ( la livre romaine faisant 1k2 environ ), très délicats à cuire et à maintenir sur la broche parce quils fondent. Marx Rumpolt écrivit dans son livre de cuisine édité en 1581 : « jai roti le foie dune oie que les juifs de Bohème engraissent, qui pesait un peu plus de trois livres. On peut en faire une purée ». Nous retrouvons ici le foie « rôti » dont parle Bartolomeo Scappi. Dans lEst de la France, la communauté juive fait recettes de foies gras et pâtés en croûte avec de nombreux épices, jusquà 12 et 15 épices, coriandre, muscade, clou de girofle, etc... et ceci dès le XVIe siècle. Charles Estienne et Jean Liebault dans lAgriculture et la Maison rustique (1ere édition en 1564) disent comment faire grossir les foies doies, très certainement en reprenant les indications des agronomes latins. Olivier de Serres dans son Théâtre de lagriculture et mesnage des champs de 1600, parle de la tradition gasconne de lengraissage des oies. La Varenne dans son Nouveau Cuisinier François ou Ecole des Ragoûts (1727), transmet quelques recettes de foie gras doyes. En 1750, la recette du « pâté » de Périgueux est dévoilée dans le « Dictionnaire des aliments du chef de cuisine du prince de... ». Voir l« Histoire du foie gras » dHenri Deffarges. |
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Cest ainsi que dans les années suivantes nous retrouvons des recettes de plus en plus évoluées de foie gras dans de nombreux livres de cuisine, comme dans les Dons de Comus, de Christian Marin (1739) . Foyes gras en coquille, foyes aux fines herbes, foyes gras à la poële, Foyes gras en surprise ou en crépine, rôties de foyes gras, ragoût de foyes gras, foyes gras en hatelettes. Et le fameux foyes gras à la broche ! ( Recettes de Christian Marin ) Menon nous donne des recettes de foie gras de poulets, de poulardes, de chapons, voir de dindons dans sa Cuisinière Bourgeoise de 1746 (édition originale) Beauvilliers, également dans son Art du cuisinier (1824). Au XVIIIe siècle, quelques voix sélèvent pour revendiquer la paternité du foie gras en Alsace et en Béarn. Quelques voyageurs comme Arthur Young, en 1787, dans son voyage en France, conte les mets français y compris le foie gras. Au XIXe siècle, une invention vient transformer lusage du foie gras. Nicolas Appert, suite à un concours initié par Napoléon, ayant pour objet la conservation des aliments de ses armées, découvre linvention de la conserve ou « appertisation ». Cest dans son livre « Le livre de tous les ménages ou lart de conserver pendant plusieurs années toutes les substances animales et végétales » parut en 1810, que la conserve de toutes viandes est encouragée. Depuis lors, votre foie gras arrive universellement sur vos tables sous forme de boites ou de bocaux. Brillat-Savarin fait multiples références du foie gras de Strasbourg dans les recettes présentées dans la « Physiologie du goût » (1826). Viennent ensuite toutes les utilisations faites par nos grands cuisiniers du XIXe à nos jours. Dominique PETIT-LAURENT © |
La cuisine Beauvilliers
Appert Le Conservateur 1810 |